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Le Cloud Gaming, le futur du jeu vidéo ?

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Si vous avez suivi l’E3 2019, vous avez difficilement pu passer à côté de la révolution du Cloud Gaming, tant elle semblait sur toutes les lèvres. Entre Microsoft qui annonce la sortie prochaine de son xCloud (en bêta en Europe dès le mois d’Octobre) ou Ubisoft qui se lance dans un partenariat avec Google Stadia pour nous proposer son service UPlay +, on peut véritablement dire que nous sommes entrés dans l’ère du Game as Service.

Évolution logique de cette tendance, le Cloud Gaming promet à n’importe quel utilisateur disposant d’une connexion internet suffisamment rapide de pouvoir jouer depuis n’importe quel appareil, moyennant un abonnement mensuel. Mais comment est-il possible de concevoir qu’une simple TV connectée ou un vieux smartphone soit en mesure de faire tourner les jeux les plus gourmands du moment, le tout en 4k et en qualité maximum ? Et bien tout simplement parce que ce ne sont pas ces appareils qui s’occupent de faire les calculs, mais bien un serveur distant auquel ils se connectent et captent un flux vidéo. Dans l’absolu, c’est relativement proche de ce qui se passe lorsque vous regardez un live sur YouTube, ou que vous utilisez la fonctionnalité de bureau à distance de Google Chrome.

L’intérêt d’une telle technologie pour les éditeurs est assez évident, puisqu’elle permet à n’importe quelle personne équipée d’un appareil connecté à un internet de pouvoir devenir un potentiel consommateur, sans avoir à débourser une fortune pour mettre à jour les composants de son PC ou pour acheter la dernière console sortie.

Reposant plus ou moins sur le même principe, le Cloud Computing permet lui de se connecter à une machine virtuelle, un véritable ordinateur dans le cloud. L’avantage du Cloud Computing face au Cloud Gaming est de proposer un environnement de bureau et la possibilité de lancer des logiciels n’ayant pas forcément trait au jeu vidéo, comme des éditeurs de vidéo ou des outils de modélisation 3D, nécessitant normalement des machines relativement puissantes. L’un des porte-étendards de ce marché est très certainement Blade, et son PC Shadow, accessible depuis n’importe ordinateur, smartphone ou tablette. Ce dernier est un véritable PC tournant sous Windows 10, sur lequel vous aurez la possibilité d’installer n’importe quel jeu ou logiciel, comme si vous étiez sur votre propre ordinateur.

Google propose une autre approche du Cloud Gaming avec Stadia, sa plateforme dédiée au jeu, qui proposera la possibilité d’accéder à une machine virtuelle depuis n’importe quel appareil pouvant lancer Google Chrome. À la différence de Shadow, vous n’aurez pas accès à un environnement de bureau, et vos jeux PC ne seront pas directement jouables sur Stadia. Il vous faudra acheter les versions Stadia de ces derniers afin de pouvoir les lancer depuis la plateforme.

Parmi les autres acteurs du marché étant actuellement en train de tester des technologies similaires, on peut mentionner Nintendo et Ubisoft, qui proposent la possibilité de jouer en streaming à Assassin’s Creed Odyssey directement depuis la Nintendo Switch… seulement depuis le Japon (ou en utilisant ExpressVPN, et ses serveurs VPN Japonais optimisés pour le Cloud Gaming).

Comme on le disait en introduction, le Cloud Gaming semble être ce vers quoi se dirige l’industrie. Après le passage au dématérialisé ayant porté un sacré coup aux boutiques spécialisées et au marché de l’occasion, on est en droit de se demander si cette nouvelle avancée ne va pas sonner le glas des revendeurs indépendants. Bien que l’on imagine facilement les aspects pratiques de ces nouveaux services, plusieurs questions restent en suspens. Par exemple, que se passe-t-il si l’on achète un jeu sur le Google Stadia et que l’éditeur finisse par mettre la clé sous la porte (comme c’est le cas pour Telltale Games). Le jeu est-il conservé dans notre bibliothèque ? Disparaît-il sans possibilité de remboursement ? De la même manière, comment fonctionnera l’utilisation du service depuis l’étranger, notamment en ce qui concerne les législations spécifiques à certains pays ? Si demain je pars au Brésil, pourrais-je continuer à jouer à GTA V, ou ce dernier sera indisponible car étant banni au pays de Ronaldinho ? Voici les défis auxquels devront répondre les fournisseurs de services de Cloud Gaming dans les années à venir !

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