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Une énorme île flottante de pierre ponce dérive dans le Pacifique

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Un gigantesque radeau de pierre ponce de 150 km2, issu d’une éruption sous-marine, dérive à travers l’océan Pacifique.

Début août, l’équipage du catamaran ROAM naviguait dans le sud-ouest de l’océan Pacifique et a commencé à voir leur environnement se métamorphoser. A perte de vue, l’océan est passé d’un délice d’azur à un rassemblement colossal de roches flottantes. Et puis sont venues les odeurs nauséabondes et sulfureuses.

Ces roches, certaines de la taille d’une tête humaine, étaient faciles à ramasser à la main. Elles ont rapidement été reconnues comme de la pierre ponce, des débris volcaniques remplis de trous et de poches de gaz piégés qui leur confèrent une flottabilité dans l’eau.

Des images satellites, dont un grand nombre ont été partagées sur Twitter par Simon Carn, volcanologue à la Michigan Technological University, ont montré une île flottante de pierre ponce géant dérivant en pleine mer, poussé par les vents et les vagues. Le radeau couvrait une zone d’une superficie de 150 kilomètres carrés, soit plus que la ville de Paris (105,4 km2).

Sans aucun doute, une importante éruption sous-marine a eu lieu, mais il n’a pas été possible de déterminer immédiatement quel volcan était responsable. En utilisant des images satellites, les scientifiques ont maintenant trouvé un suspect principal: un volcan situé près du Royaume de Tonga.

Ce volcan sous-marin, situé près de l’archipel des Tonga, a déjà produit une plus petite île flottante de pierre ponce dans la région en 2001.

Cette île flottante atteindra quelques îles sur le chemin menant à la côte est de l’Australie, encombrant peut-être des ports et des baies à mesure qu’elle s’agglomérera à l’intérieur, gênant les pêcheurs et les personnes désirant simplement se rendre d’île en île.

Tout n’est pas noire puisque la pierre ponce, poreuse et assez légère pour flotter comme un iceberg, amène avec elle un écosystème rempli de crustacés et de coraux, selon CNN, et pourrait ainsi redonner un nouveau souffle à la Grande Barrière de corail qu’elle atteindra d’ici dix mois.

Scott Bryan, professeur de géologie et géochimie à l’Université de technologique du Queenland, en Australie, a indiqué que de la pierre ponce est aperçue proche des côtes australiennes tous les cinq ans environ et permet de cette manière de redistribuer la vie marine dans le vaste océan.

«Chaque morceau de pierre ponce permet à quelque chose de s’y attacher, de grandir et d’être transporté à travers l’océan », a-t-il expliqué. « Nous aurons des millions, voire des milliards d’individus appartenant à des dizaines d’espèces différentes qui arriveront tous en masse le long de notre littoral, tous en bonne santé et susceptibles de trouver un nouveau foyer.»

La Grande Barrière de corail, dont la moitié des individus sont morts lors des vagues de chaleur liés aux changements climatiques en 2016 et 2017, pourrait donc bénéficier de l’arrivée de nouveaux individus, même s’il est difficile de reconstituer le corail, car il ne peut pas trouver un nouvel habitat aussi facilement que des animaux plus mobiles, comme les crabes.


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