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Le gouvernement américain a commencé à demander à certains voyageurs étrangers leurs comptes Facebook et Twitter à leur arrivée dans le pays.

Le service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis a commencé à exiger que les voyageurs étrangers déclarent leurs comptes sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter à leur entrée dans le pays. La nouvelle politique fait suite à une proposition présentée en juin et ne s’applique qu’aux voyageurs qui entrent temporairement aux États-Unis sans visa à l’aide du système électronique d’autorisation de voyage ou ESTA. L’objectif, selon le gouvernement, est « d’identifier les menaces potentielles ». Cela fait suite aux nouvelles restrictions apportées en réponse aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris.

La nouvelle politique est entrée en vigueur mardi, et son application est actuellement «facultative». Elle demande aux voyageurs étrangers de «saisir des informations associées à leur présence en ligne» et propose un menu déroulant permettant aux participants de saisir les noms des principaux réseaux sociaux, y compris LinkedIn et même Google+.

On ne sait pas si les informations recueillies peuvent être immédiatement utilisées pour refuser l’entrée des voyageurs aux États-Unis. Cependant, le but précis de la collecte est d’identifier les individus ayant des liens avec des groupes terroristes. Comme il se présente aujourd’hui, le service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis dit qu’il ne refusera pas l’entrée à ceux qui refusent de soumettre des informations sur les médias sociaux.

Pourtant, la mise en œuvre d’une telle politique controversée a scandalisé les militants des droits de l’homme et les entreprises technologiques. Les membres des deux camps ont exprimé leur inquiétude lorsque la politique a été proposée pour la première fois cet été. À l’époque, le groupe de lobbying de l’industrie de l’Internet Association, qui représente des entreprises comme Facebook et Google, a rejoint l’American Civil Liberties Union (ACLU) pour condamner la proposition pour sa potentielle violation de liberté de parole et de la vie privée.

Ces groupes craignent que la demande d’information sur les réseaux sociaux, bien que facultative, pousse la plupart des visiteurs a remplir complètement le formulaire, plutôt que de risquer des questions supplémentaires de la part d’agents en uniforme.

Cette nouvelle forme de collecte de données est mis en place juste un mois avant l’arrivée du président élu Donald Trump à la maison Blanche. D’ailleurs, mercredi dernier, Trump semblait renouveler son appel à interdire aux musulmans d’entrer aux États-Unis suite à l’attaque sur un marché de Noël à Berlin. Dans le même temps, il a également été révélé que la société spécialisée dans l’analyse de données Palantir, qui a été co-fondée par le conseiller de Trump, Peter Thiel, a collaboré avec le service des douanes et de la protection des frontières pour suivre les immigrants et les voyageurs étrangers en utilisant une multitude de données glanées grâce aux nouvelles restrictions. Les informations de comptes sur les réseaux sociaux pourraient aider dans ce processus.