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Google fait face à une amende record de 4,3 milliards d’euros (5 milliards de dollars) d’amende par la Commission européenne pour abus de position dominante avec son OS Android.

Nous savions que cela allait arriver et ce n’est donc pas une surprise que Google reçoive une nouvelle sanction antitrust en Europe. Des rapports récents ont indiqué que la nouvelle amende briserait le précédent record pour l’UE, qui devait être une nouvelle terrible pour Google étant donné que la compagnie était le détenteur de ce record peu flatteur.

Mercredi après-midi vers 13 heures, la Commissaire à la concurrence de l’UE, Margrethe Vestager, a annoncé la nouvelle amende: 4,34 milliards d’euros, qui passe à 5 milliards de dollars. C’est en plus de la pénalité de 2,4 milliards d’euros (2,8 milliards de dollars) reçue l’année dernière.

C’est le genre de dossier d’amende antitrust qui va être difficile à battre, mais il est fort probable qu’aucune autre entreprise ne soit volontaire pour le faire. Voici ce que Vestager avait à dire à ce sujet:

« Aujourd’hui, l’internet mobile représente plus de la moitié du trafic internet mondial. Il a changé la vie de millions d’Européens. L’affaire qui nous occupe porte sur trois types de restrictions imposées par Google aux fabricants d’appareils Android et aux opérateurs de réseaux pour faire en sorte que le trafic sur les appareils Android soit dirigé vers le moteur de recherche de Google. De cette manière, Google utilise Android comme un véhicule pour consolider la position dominante de son moteur de recherche. Ces pratiques ont privé ses concurrents de la possibilité d’innover et de lui livrer concurrence par leurs mérites. Elles ont privé les consommateurs européens des avantages d’une concurrence effective sur le marché important des appareils mobiles. Cette pratique est illégale au regard des règles de l’UE en matière de pratiques anticoncurrentielles. »

Pour Google, la sanction pécuniaire, aussi aberrante soit-elle, n’est pas la seule mauvaise nouvelle. Après tout, Google l’année dernière a fait 5 milliards de dollars tous les 16 jours. Il n’est donc pas exclu que l’entreprise puisse reproduire cela cette année. Mais Google sera obligé d’apporter des changements significatifs à la façon dont fonctionne Android, et de signer de nouvelles offres avec les opérateurs européens ainsi qu’avec les fabricants d’appareils Android.

Android a été la cible de la Commission Européenne en raison de ces contrats qui ont empêché les fournisseurs d’offrir des alternatives aux applications non-Google sur les appareils Android. Les fabricants cherchant à offrir aux acheteurs un accès au Google Play Store devaient également donner la priorité à d’autres applications Google sur leur téléphone, y compris Google Search.

La recherche en ligne, bien sûr, reste la principale source de revenus pour l’entreprise.

Ces contrats peuvent également empêcher les fabricants d’appareils d’utiliser d’autres versions d’Android sur leurs appareils. L’UE va également à l’encontre des paiements effectués par Google auprès d’un opérateur de réseaux mobiles et des partenaires fabricant d’appareils Android qui installent Google Search sur leurs appareils.

La firme américaine a perdu une bataille similaire en Russie il y a plusieurs mois, mais il n’a reçu qu’une amende de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Google va probablement contester l’amende, tout comme l’a fait avec le précédent. L’équipe de Vestager, quant à elle, a entamé une troisième enquête Google, celle-ci portant sur l’activité de placement d’annonces AdSense de Google.

Pendant ce temps, Google a 90 jours pour «mettre fin à son comportement illégal» et mettre fin aux trois pratiques antitrust de la Commission (liens entre applications de recherche et de navigation Google, paiements illégaux pour l’exclusivité Google Search sur les appareils Android et obstruction illégale au développement et la distribution de systèmes d’exploitation Android concurrents).

Le communiqué de presse complet de la Commission est disponible sur ce lien.