Une cape d’invisibilité fine et souple prenant la forme de l’objet à cacher a été mise au point par des scientifiques américains.
Harry Potter a enfilé une cape d’invisibilité pour explorer Poudlard sans être vu, et bientôt, nous pourrons nous aussi devenir invisible. Des scientifiques américains ont mis au point une cape d’invisibilité fine et souple prenant la forme de l’objet à cacher. Si celle-ci reste encore microscopique (80 nanomètres), cela montre que la science-fiction peut devenir réalité.
Présentée jeudi dans la revue américaine Science, cette cape a été conçue au Laboratoire national Lawrence Berkeley, qui dépend du ministère américain de l’Énergie. Elle utilise des éléments d’or qui agissent comme des nano-antennes et réorientent la lumière, rendant l’objet recouvert optiquement indétectable. Pour leurs tests, les chercheurs ont recouvert un objet en 3D de la taille de quelques cellules biologiques avec cette pellicule d’invisibilité, le rendant complètement transparent.
«C’est la première fois qu’un objet en trois dimensions de forme quelconque a ainsi été rendu invisible», explique Xiang Zhang, directeur de la division des sciences des matériaux au Laboratoire national Lawrence Berkeley. «Notre cape ultra-fine ressemble bien désormais à une cape. Elle est simple à concevoir et à faire fonctionner et pourrait être fabriquée en tailles normales pour dissimuler des objets macroscopiques», assure le scientifique.
Les premières «capes» d’invisibilité étaient trop compliquées à fabriquer en grande taille. « Elles sont vraiment volumineuses, » dit Zhang. « Si vous voulez cacher votre corps, vous auriez à porter cette chose qui est trois à quatre fois la taille de votre corps avec vous partout où vous allez ». En plus de ces contraintes, elles laissaient apparaître une différence entre la partie dissimulée par la cape et l’environnement immédiat, ce qui la rend détectable. Or, cette nouvelle cape ne rencontre pas ce problème : l’objet disparait, sans différence entre le voile d’invisibilité et ses alentours. Les chercheurs précisent qu’elle peut être activée et désactivée en modifiant la polarisation des nano-antennes.




