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Le gouvernement américain interdit les ordinateurs portables sur certains vols en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique

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Le département américain de la Sécurité intérieure a annoncé l’introduction d’une interdiction des appareils électroniques pour les passagers sur les vols sans escale provenant de 10 aéroports du Moyen-Orient et d’Afrique.

Les passagers aériens qui se rendent aux États-Unis via des vols directs de huit pays majoritairement musulmans doivent maintenant placer la plupart de leurs appareils électroniques, y compris les ordinateurs portables, les tablettes et les caméras, dans des bagages enregistrés sous des mesures de sécurité renforcées.

Les passagers peuvent encore garder des smartphones dans la cabine de l’avion, mais rien de plus, ajoute le département américain de la Sécurité intérieure.

Les mesures ont pris effet mardi matin et couvrent une cinquantaine de vols par jour en provenance de huit pays : la Jordanie, l’Égypte, la Turquie, l’Arabie saoudite, le Koweït, le Maroc, le Qatar et les Émirats arabes unis.

Tous sont des alliés des États-Unis et aucun ne figure parmi les sept pays à majorité musulmane bannis par le décret controversé du Président Trump, qui cherche à suspendre temporairement l’immigration. Le président a publié une ordonnance révisée le 6 mars, et celle-ci, comme l’original en janvier, a été bloquée par les tribunaux.

Les pays cités dans le décret de Trump ont tous des relations tendues avec les États-Unis, et plusieurs sont en proie à des troubles ou à une guerre civile, y compris la Syrie, la Libye et le Yémen.

En revanche, les pays figurant sur la nouvelle liste des compagnies aériennes sont pour la plupart stables, et ont généralement de bonnes relations avec les États-Unis et comprennent quatre États riches du Golfe.

Les autorités américaines ont indiqué que les restrictions imposées étaient basées sur des renseignements indiquant que des groupes terroristes planifiaient toujours de faire sauter des avions civils. Les autorités soulignent que la dernière mesure n’est pas liée au décret du président, mais beaucoup feront le rapprochement avec la bataille politique et juridique en cours concernant les mesures prises par Trump en matière d’immigration.

Royal Jordanian Airlines a annoncé les mesures de sécurité sur Twitter lundi après-midi. Le tweet a été supprimé peu de temps après, mais il a incité certains responsables à parler aux journalistes lundi soir, en expliquant que les mesures prendraient effet mardi matin.

La mesure est ouverte et sera réexaminée périodiquement. Elle couvre un total de 10 aéroports, ceux d’Amman, Jordanie, Caire, Istanbul, Koweït, Casablanca, Maroc; Doha, Qatar; Djeddah et Riyadh en Arabie Saoudite, et Dubaï et Abu Dhabi aux Emirats Arabes Unis.

Cette liste comprend tous les principaux centres de voyage dans la région, sauf l’aéroport principal d’Israël juste à l’extérieur de Tel Aviv.

Les autorités américaines ont exprimé des préoccupations dans le passé selon lesquelles des explosifs pourraient être placés à l’intérieur d’appareils électroniques. Toutefois, les autorités ont refusé de dire spécifiquement comment cette mesure permettrait d’améliorer la sécurité, car elle n’interdit pas les appareils électroniques actuellement autorisés sur les avions, simplement que ceux-ci soient placés dans des bagages enregistrés.

Les passagers peuvent toujours prendre des smartphones ou des dispositifs médicaux dans la cabine. Mais les plus gros articles, y compris les ordinateurs portables, tablettes, appareils photo, lecteurs de DVD et jeux électroniques devront être vérifiés.

Les autorités ont justifié cette mesure par les attaques ces dernières années effectuées par des extrémistes, y compris l’abattage d’un avion russe en 2015, apparemment causé par un engin explosif présent à bord. Les responsables ont également cité les attaques menées par des hommes armés à Bruxelles et à Istanbul en 2016.

Les compagnies américaines ne sont pas concernées, car aucune ne se rend directement aux États-Unis par les aéroports des huit pays désignés. De plus, la mesure ne couvre pas les vols quittant les États-Unis.

Des responsables américains ont indiqué qu’ils avaient commencé à contacter dimanche les pays et les compagnies aériennes concernés pour s’assurer qu’ils étaient au courant de l’arrivée de ces nouvelles réglementations.

Au cours des dernières années, les autorités américaines se sont dites très préoccupées par les capacités de bombardement de la branche d’al-Qaida au Yémen et ont cité en particulier le membre du groupe Ibrahim al-Asiri. Le Yémen figure sur la liste des pays ayant une interdiction d’immigration de Trump, mais il n’y a pas de vols directs de ce pays aux États-Unis. Cependant, le Yémen est relativement proche des quatre États du Golfe sur la liste des compagnies aériennes.

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